Histoire et Patrimoine

Histoire de la Mairie

La mairie du 5e, une construction mouvementée

L’histoire de la mairie est intimement liée à la construction de l’église Sainte-Geneviève, actuel Panthéon, confiée par Louis XV à l’architecte Jacques Germain Soufflot. Il s’agit sans nul doute du plus grand chantier parisien du XVIIIe siècle.

Depuis les premières esquisses de 1748 jusqu’au projet définitif dessiné en 1763, Soufflot retient l’idée d’une esplanade semi-circulaire qui doit contribuer à la mise en scène de l’édifice central, qu’il veut monumental. Dans cet amphithéâtre urbain, l’architecte souhaite implanter symétriquement l’école de théologie au Sud et l’école de droit au Nord. Or seule cette dernière sera construite entre 1771 et 1774. L’église Sainte-Geneviève est quant à elle achevée en 1790, vingt-six ans après la pose de la première pierre et dix ans après la mort de Soufflot.

Il faudra attendre la loi du 5 juillet 1844 pour donner le feu vert à la construction d’une mairie – dans ce qui est alors le XIIe arrondissement – en lieu et place de l’école de théologie prévue initialement. C’est cette même loi qui décide de l’érection de la bibliothèque Sainte-Geneviève et du percement de la rue Soufflot jusqu’au Jardin du Luxembourg.

Le préfet Rambuteau, grand ordonnateur de ce vaste bouleversement, confie les travaux à Jean-Baptiste Guénepin. Mais à la suite d’une brouille avec l’administration, on lui préfère Jacques-Ignace Hittorff, l’un des plus grands architectes de l’époque à qui l’on doit la Gare du Nord, le Cirque d’Hiver ou encore les aménagements urbains des Champs-Elysées. Le chantier dure huit ans et s’achève en 1865. Victor Calliat, architecte de l’arrondissement, termine l’agencement et la décoration intérieurs, entre 1866 et 1870.

Le bâtiment s’avère bientôt insuffisant pour abriter les services d’un arrondissement qui compte jusqu’à 120 000 habitants au début du XXe siècle. À l’initiative du maire du 5e Paul Pierrotet, le Conseil de Paris approuve, en 1913, l’agrandissement du lieu. Si le projet reste lettre morte en raison de la Première Guerre mondiale, c’est en 1921 que le Préfet de la Seine donne son accord pour la reconstruction, confiée à René Patouillard-Demoriane.

Les travaux, qui durent une dizaine d'années, commencent par l’ajout de nouvelles ailes rue Clotaire et rue des Fossés-Saint-Jacques. Ils se poursuivent par la reprise complète du bâtiment central. De la mairie d’Hittorf, il ne reste donc que la façade néoclassique, inscrite à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 1925.

La Façade

La façade de la mairie se caractérise par sa symétrie totale avec celle de la faculté de droit voisine, construite par Soufflot. Le fronton soutenu par quatre colonnes ioniques est le seul élément persistant du bâtiment de 1865 de Jacques-Ignace Hittorff.

Les ailes, de part et d’autre de ce grand avant-corps central, reprennent le plan de la faculté de droit. Le bossage de la pierre dans les angles ainsi que la disposition des fenêtres dans les redents – décrochage qui rompt la ligne droite d’un bâtiment – s’inscrivent parfaitement dans l’esthétique de la place du Panthéon.

Le saviez-vous ? La devise de Paris Fluctuat Nec Mergitur signifie « battu par les flots, mais ne sombre pas ». Elle accompagne la nef représentée sur le blason de la ville, symbole de la puissante corporation des nautes – des marchands – de Lutèce. Elle est rendue officielle par l’arrêté du 24 novembre 1853 du baron Haussmann, préfet de la Seine.

L’escalier d’honneur

Richement décoré avec ses deux colonnes cannelées, ses bas-reliefs et sa verrière caractéristiques des années 1930, l’escalier d’honneur est l’un des plus beaux ensembles de la mairie. Deux éléments méritent une attention particulière.

La sculpture en marbre Le Paradis Perdu (1883) est sans-doute le chef-d’œuvre de Jean Gautherin (1840-1890). On lui doit également le Monument à Denis Diderot (1886) installé sur boulevard Saint-Germain à proximité de Saint-Germain-des-Prés. Le Paradis Perdu représente Adam et Ève après le péché originel. Le visage d’Ève, particulièrement expressif, en fait la réalisation la plus originale et la plus personnelle de Gautherin.

Dans la partie en hémicycle de la cage d’escalier, cinq grandes fresques d’Henri Martin (1860-1943) représentent le jardin du Luxembourg situé dans le 6e arrondissement. Henri Martin reste notamment célèbre pour les dix toiles monumentales qu’on peut admirer au Capitole de Toulouse. Ce polyptyque réalisé à la fin de sa carrière (1935) constitue un exemple abouti du mouvement pointilliste dont Henri Martin, grand maître de la lumière, est un des représentants les plus emblématiques.

Le saviez-vous ? Il ne faut pas confondre le peintre Henri Martin et son homonyme, historien qui fut rédacteur en chef du quotidien Le Siècle et maire du 16e arrondissement où une célèbre avenue porte son nom.

La Salle des mariages

Les motifs géométriques que l’on retrouve dans le plafond à caissons, les grandes verrières, le mobilier, les lustres et appliques en perles de verre sont caractéristiques du style Art déco.

Le carton de la tapisserie a été dessiné par la peintre Pauline Peuniez (1890-1987), élève de Maurice Denis et connue pour ses illustrations de textes de poétesses comme Marie Noël ou Marceline Desbordes-Valmore.

Elle a aussi contribué au renouveau de l'art sacré pendant l'entre-deux-guerres en dessinant de nombreux vitraux comme à l’église Saint-Julien-le-Pauvre dans le 5e arrondissement.

Le buste de Marianne en marbre blanc est l’œuvre d’André Vermare, premier prix de Rome 1899, élève d’Alexandre Falguière.

Le saviez-vous ? C’est la Révolution française qui conduit à l’instauration du mariage civil par le décret du 20 septembre 1792. L’institution connaîtra des évolutions majeures comme l'introduction du divorce par consentement mutuel en 1975 ou son ouverture aux personnes de même sexe en 2013.

Le buste de Marianne se généralise dans les mairies à partir de 1875, date des lois constitutionnelles qui fondent la IIIe République.

La Salle des fêtes

Conçue comme salle espace de réception et de spectacle, la Salle des fêtes est très richement décorée.

Les ornements de la voûte, dite en berceau, sont signés Gustave-Louis Jaulmes. Ce peintre et décorateur reçut de nombreuses commandes qui correspondent à son goût pour les réalisations monumentales : grand foyer et vestibule du théâtre de Chaillot, Salle des fêtes de l’Hôtel de Ville de Neuilly-sur-Seine, etc.

Jaulmes réalise également le fond de scène qui est une allégorie des lettres, des sciences et du droit. Ode à la jeunesse et au progrès, ce triptyque est très représentatif de l’optimisme de l’entre-deux-guerres, avant la montée des périls.

Associée aux nombreux éléments géométriques tels que les lustres, les lucarnes hexagonales ou la logette au dessus de la scène, cette peinture figurative fait de cette pièce un exemple emblématique du courant néoclassique au sein du style Art déco, dont Jaulmes est l’un des principaux représentants.

La Salle des commissions et le bureau de la maire

Totalement rénové en 1983, le bureau de la maire se caractérise par un revêtement complet des murs en loupe d'orme, technique rarement utilisée à cette époque.

La loupe est un plaquage de feuilles de bois extraites à partir des excroissances d’un arbre. Elle présente donc beaucoup de veines et de nœuds, qui font son intérêt décoratif. Cinquante ans après les années 1930, l’utilisation de la loupe de bois est un clin d’œil au style Art déco où cette technique était très utilisée.

La Salle des commissions, datant de la reconstruction dans années 1920, accueille les réunions de travail des élus, du cabinet de la maire et celles de services.

La série des métiers

La mairie du 5e accueille treize des quatorze statues de travailleurs qui ornaient la Cour des métiers, espace éphémère créé pour l’Exposition internationale des arts décoratifs de 1925, qui marque l’apogée du style Art déco. Elles ont été installées à la mairie en 1930.

Elles ont cette particularité d’avoir été sculptées par quatorze artistes différents appartenant à la même génération ayant des parcours très similaires. Huit d’entre eux sont en effet membres de « la bande à Schnegg », du nom du Lucien Schnegg qui fédère, sous le parrainage de Rodin, un groupe de jeunes artistes audacieux proches de Bourdelle et Maillol.

Le saviez-vous ? Le mystère plane sur la quatorzième statue de la série dont on ne sait si elle a été perdue ou volée… Grâce au catalogue de l’Exposition internationale des arts décoratifs de 1925, on sait seulement que la sculpture manquante s’intitule Le Ciseleur, réalisée par Fernand David.

La Salle Pierrotet

À la fois salle du Conseil d’arrondissement et salle de réception, la salle Paul Pierrotet rend hommage au maire du 5e (de 1906 à 1928) qui a initié la reconstruction de la mairie et lui a donné sa physionomie actuelle.

Les quatre panneaux peints, représentant les quatre âges de la vie, ont été réalisés en 1931 par Léon-Laurent Galand, élève de Gustave Moreau, dont on reconnaît l'influence symboliste dans le choix du sujet. Trois de ces panneaux ont pour cadre le jardin du Luxembourg, le quatrie fait figurer le Panthéon.

Le saviez-vous ? Des impacts de balles, datant de la Libération de Paris (19 au 25 août 1944) demeurent encore dans les boiseries.

La Salle du Souvenir

Au mur de la Salle du Souvenir figure une toile intitulée Hommage aux morts de la Guerre (1934) peinte par Emile Aubry qui fut soldat pendant toute la durée de la Grande Guerre. Aubry reste célèbre pour avoir réalisé l’immense plafond de l’opéra d’Alger.

Les deux statues dans les angles appartiennent à la série des métiers.

Un présentoir en fer forgé contient les livres d’or où sont inscrits les noms des 4 500 habitants du 5e, morts pour la patrie.

À l’extérieur, le monument aux morts, érigé grâce à une souscription publique, a été inauguré le 11 novembre 1930 en présence de Louis Rollin, Ministre de la Marine marchande et Député du 5e. La statue est signée Firmin Michelet, artiste trop méconnu, ayant signé des œuvres abouties comme son monumental d’Artagnan qu’il est possible d’admirer sur le grand escalier de la ville d’Auch.

Un travail de ferronnerie exceptionnel

Avec l’émergence des styles Art nouveau puis Art déco, la ferronnerie d'art connaît un renouveau spectaculaire au début du XXe siècle.

Le style Art déco se manifeste ici par les nombreux motifs végétaux à l’image des feuilles de chêne et de laurier autour du bonnet phrygien de la rambarde de l’escalier d’honneur. Le ferronnier d’art Robert Rondeau, à qui l’on doit les grilles du square Carpeaux et les rampes des Folies Bergères, a participé à la réalisation de l’ouvrage.

Les formes géométriques et symétriques sont tout autant caractéristiques et les exemples ne manquent pas dans la mairie : clés de sol sur les balustrades du troisie étage, grandes baies rectangulaires de bronze entre la Salle des fêtes et la Salle des mariages, logette et balcons de la Salle des fêtes, lucarnes hexagonales de la Salle des fêtes, etc.

Le Quartier latin, l’un des plus anciens quartiers universitaires au monde

Alors que les Gaulois de la tribu des Parisis occupent l’île de la cité, les Romains s’installent sur les pentes de la rive Sud qui portent encore les traces de l’ancienne Lutèce comme en témoignent les thermes de Cluny, les arènes ou la rue Saint-Jacques, laquelle suit le tracé du cardo maximus, l’axe Nord-Sud caractéristique d’une ville romaine.

Le nom de « Quartier latin » ne provient pas de cet héritage antique mais bien de la période médiévale. Avec la fondation de l’Université de Paris au XIIIe siècle, qui attire des milliers d’étudiants et de professeurs venus de toute l’Europe, c’est tout un quartier qui parle latin, et ce même en dehors du cadre de l’enseignement dont il est la langue officielle.

La vocation intellectuelle, scientifique et estudiantine de la Montagne Sainte-Geneviève ne s’est jamais démentie. Dans les pas de Maître Albert et Robert de Sorbon, ou plus récemment de Marie Curie, Jules Michelet et tant d’autres, les 80 000 étudiants du 5e perpétuent une Histoire pluriséculaire.

Le saviez-vous ? La Sorbonne tire son nom de Robert de Sorbon, confesseur de Saint-Louis, qui fonde en 1253 un collège de théologie pour étudiants nécessiteux. L’établissement fait partie de la faculté de théologie qui est l’une des quatre facultés constituant l’Université de Paris, fondée en 1200. La Sorbonne acquiert un tel prestige qu’on désigne dès le Moyen Âge l’ensemble de l’Université sous le terme de Sorbonne.

La Montagne Sainte-Geneviève

Pourquoi appelle-t-on la colline que domine le Panthéon la Montagne Sainte-Geneviève ?

Selon la tradition, c’est en 451 que la jeune Geneviève convainc les habitants de ne pas abandonner leur cité aux envahisseurs Huns qui s’approchent de Paris après avoir rasé Metz, Verdun ou Reims. La clairvoyance et la détermination de Geneviève vont sauver Paris car apprenant la ville défendue, Attila préfère diriger son armée vers le Sud. Il sera vaincu peu après par le général romain Aetius lors de la bataille des champs catalauniques.

Forte de ce coup d’éclat, Geneviève exerce une influence politique et religieuse importante auprès des Mérovingiens, en particulier auprès du Roi des Francs Clovis et sa femme Clotilde – inhumés à l’emplacement de l’église Sainte-Geneviève, futur Panthéon.

Canonisée par l’Eglise catholique peu après sa mort, Geneviève devient patronne de Paris et de la gendarmerie et puis donne son nom à la Montagne qui deviendra le cœur du 5e arrondissement.

Dernière mise à jour le lundi 17 septembre 2018

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